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Codemagazin,
September 2006 |
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Lukas : Comment fonctionne exactement la collaboration avec ta grand-mère, Ruth Wurmhöringer? Stefanie : Je réalise d’abord des esquisses et dessins de mes idées, puis j’explique à ma grand-mère mes projets et lui demande si elle accepte d’être mon « modèle », comme elle se définit elle-même. Ensuite, je l’aide à se changer, à mettre ses costumes, à se maquiller... Mes gestes sont alors analogues à ceux qui s’occupent de personnes atteintes de démence sénile. Ces procédures sont très exigeantes, tant pour la personne aidée que pour celle aidant. Devant la caméra, j’aide aussi ma grand-mère à se positionner et lui dis quelle expression donner à son visage. Penses que tu pourrais faire le même travail avec d’autres personnes âgées, que tu pourrais obtenir les mêmes résultats qu’avec ta grand- mère? Stefanie : Non. Selon moi, la réussite artistique de mon travail est fortement liée à sa personne. Au départ, il s’agissait pour moi de réaliser un portrait, au sens artistique, de ma grand-mère. Nos biographies respectives jouent un rôle important dans ce portrait. Lorsque j’étais enfant, ma grand-mère jouait à se déguiser avec moi. J’ai détourné ce jeu pour mon travail. Par ailleurs, ma grand- mère a toujours voulu devenir actrice, sans jamais avoir eu la liberté de le faire. Enfin, nous avons construit une profonde relation de confiance au fil des années et je pense que c’est la base pour un travail tel que le mien. Qu’est-ce qui t’intéresse dans le travail artistique avec une personne âgée? Stefanie : L’âge laisse des traces tant visi- bles qu’invisibles. J’utilise les rides et autres changements physiques dus à la vieillesse comme moyen de représentation, au même titre qu’un faux nez ou que du maquillage. La dégénérescence interne représente pour moi la partie invisible. A cet égard, c’est sur- tout la perte de la mémoire qui m’intéresse, ce qu’on pourrait décrire comme la “mort du souvenir”. Il faut être conscient que je colla- bore avec une personne qui, un instant après la prise de vue, ne sait plus que nous avons pris une photo ! J’ai fait une série de photos dans son logement, à la vue desquelles tout semble au premier abord normal et rangé. |
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| Pressetext
zur Ausstellung "Kunst oder Verwandtschaft" im Kunstraum LUV,
Oktober 2005 Mit teilweise interaktiven Installationen anverwandelt sich Stefanie Scheurell den Ausstellungsraum auf der Frage nach „Kunst oder Verwandtschaft“. Diaprojektoren, Monitore, Beschallungsanlagen, Zeichnungen, Photographien und Düfte erschaffen ein synaesthetisches Memento mori: Die Künstlerin konterkariert auf tragik-komische Weise ihre eigene Jugend mit dem vom Alter gezeichneten Körper und Antlitz ihrer Großmutter. In diesem Alter Ego-Verhältnis spannt sich durch Mienenspiel, Verkleidung und anekdotisches Erzählen das ganze Spektrum der Suche nach Individualität und Identität auf. Die Installationen spielen mit dem Kippmoment: Würde und Elend des Alters, Schönheit und Vergänglichkeit der Jugend werden inszeniert zu einem persönlichen Kennenlernen, welches dem Leben selbst näher kommt. (Lukas Baden) |
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| Konzept,
"Ruth Wurmhoeringer", 2005 |
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